En bref
- La préparation du sol nécessite un nivellement précis avec une pente de drainage de 2 %
- Les lambourdes en bois constituent la structure porteuse, posées sur plots ou dalles selon la hauteur
- La pose des lames de terrasse respecte un espacement de 3 à 12 mm pour la ventilation
- L’entretien biannuel avec saturateur préserve la durabilité de la terrasse en bois
Préparation du terrain et choix de la structure
La réussite d’une terrasse en bois commence par une préparation minutieuse du sol. Il faut délimiter la surface avec des piquets et une corde, puis retirer la bande de gazon si elle est présente. Le creusement respecte une pente de 2 % éloignée des bâtiments pour assurer le drainage optimal.
La nature du terrain détermine le type de structure à adopter. Sur un sol dur comme une dalle béton avec une hauteur inférieure à 11 cm, la pose de la terrasse s’effectue directement sur lambourdes chevillées. Pour un sol béton ou terre stabilisée avec une hauteur comprise entre 11 et 50 cm, les plots PVC réglables constituent la solution adaptée. Au-delà de 25 cm de hauteur sur sol meuble, les vis de fondation avec lambourdage croisé s’imposent.
La couche porteuse se compose de ballast de granulométrie 0-45 mm sur 20 cm d’épaisseur, posée en plusieurs couches compactées individuellement. Une couche d’égalisation de 4 cm de gravillon 2-5 mm complète cette préparation. Un non-tissé anti-mauvaises herbes protège la structure des végétaux indésirables.
Sélection des matériaux et des essences de bois
Le choix du bois détermine la longévité de la terrasse en bois. Les essences européennes comme le mélèze et le douglas sans nœuds offrent un excellent rapport qualité-prix. Les bois exotiques tels que le bangkirai et le teck présentent une résistance supérieure aux intempéries mais nécessitent un budget plus conséquent.
Les lambourdes en bois traité autoclave garantissent la stabilité de la structure. L’aluminium constitue une alternative durable pour les lambourdes, particulièrement adapté aux environnements humides. La création d’une terrasse en lames de bois sur lambourdes nécessite des matériaux certifiés FSC pour respecter la gestion durable des forêts.
Le bois composite combine les avantages du bois et de la résine synthétique. Cette solution présente une résistance accrue aux intempéries et limite l’entretien, bien que le coût initial soit supérieur au bois naturel.
Installation de la structure porteuse
Les lambourdes ne doivent jamais entrer en contact direct avec le sol pour éviter la stagnation d’eau. L’utilisation de plots béton, plots PVC réglables ou vis de fondation maintient la structure hors d’eau. L’espacement entre les lambourdes varie de 30 à 50 cm selon l’épaisseur et le type des lames de terrasse.
La fixation des lambourdes aux plots s’effectue par vissage avec des vis inox A2, ou A4 en zones côtières. Des cales autodrainantes de 1 à 5 mm s’interposent entre le bois et le support dur. L’application d’une bande bitumineuse sur les lambourdes en bois assure l’étanchéité et protège les vis de la corrosion.
La mise à niveau des plots détermine la planéité finale de la terrasse. La pose des lambourdes s’effectue sur chant, jamais à plat, pour optimiser la résistance mécanique.
Techniques de pose des lames de terrasse
La préparation des lames de terrasse commence par le tronçonnage des extrémités et l’ébarbage des arêtes. L’application d’une couche de saturateur sur la sous-face avant la pose équilibre l’humidité et améliore la durabilité. Le contrôle de l’humidité des lames, idéalement entre 17 et 18 % en France, nécessite parfois une stabilisation de quelques semaines.
La fixation s’effectue par vissage sur la surface avec un pré-perçage impératif, particulièrement pour les bois exotiques. Les vis inox garantissent la résistance à la corrosion. L’espacement entre les lames varie de 3 à 12 mm selon l’humidité du bois pour permettre la ventilation et la dilatation.
La pose des lames s’oriente généralement perpendiculairement à la maison. La pose d’une terrasse en bois composite suit les mêmes principes avec des tolérances de dilatation spécifiques. Le calepinage en coupe de pierre ou en échelle optimise l’esthétique pour les lames courtes.
Ventilation et drainage de la terrasse
La ventilation sous la terrasse limite le développement des champignons et réduit les déformations du bois. Les orifices d’entrée d’air en périphérie représentent une surface égale au 1/50ème de la surface totale de la terrasse. Cette ventilation naturelle préserve la structure et prolonge la durée de vie de la terrasse en bois.
Le drainage des eaux pluviales s’organise autour de la pente de 2 % dirigée vers l’extérieur. L’installation d’un caniveau d’évacuation peut s’avérer nécessaire lorsque la terrasse jouxte un bâtiment. La distance de 1,5 cm entre les lames et le mur facilite l’écoulement des eaux.
Finitions et habillage de la terrasse
Les bandeaux de finition masquent la structure sur les côtés et apportent une esthétique soignée. Ces lames de finition se vissent sur la sous-construction ou directement sur les lames de terrasse. Les grilles de ventilation intégrées aux finitions maintiennent la circulation d’air sous la structure.
Les joints caoutchouc créent une finition « pont de bateau » particulièrement élégante. Cette solution nécessite des lames avec un profil spécifique adapté à ce type de finition. La pose des lambourdes composites offre des possibilités de finition similaires avec une maintenance réduite.
Entretien et protection du bois
L’entretien régulier préserve l’aspect et la durabilité de la terrasse en bois. Un nettoyage biannuel avec de l’eau de javel diluée élimine les moisissures, algues et mousses. Le nettoyeur haute pression convient uniquement aux bois exotiques, avec un réglage basse pression et une distance minimale de 50 cm.
L’application d’un saturateur après nettoyage maintient l’hydrophobie du bois et ralentit le grisaillement naturel. En cas de grisaillement excessif, un dégriseur redonne l’aspect d’origine avant l’application du saturateur. Le DTU 51.4 considère qu’un remplacement de 3 % des lames peut s’avérer nécessaire dans les deux premières années.
La surveillance régulière permet de détecter les déformations ou dégradations précoces. Un ponçage localisé corrige les défauts mineurs et prolonge la durée de vie de la terrasse en bois.
Réglementation et déclarations
La construction d’une terrasse en bois peut nécessiter des démarches administratives selon la surface et la hauteur. Une déclaration préalable s’impose pour les terrasses de plus de 5 m² et moins de 20 m². Au-delà de 20 m², un permis de construire devient obligatoire.
La hauteur de la terrasse influence également les obligations déclaratives. Une terrasse surélevée de plus de 60 cm nécessite systématiquement un permis de construire. Il faut vérifier les règles d’urbanisme locales qui peuvent imposer des contraintes supplémentaires.
Coûts et budget de construction
Le budget d’une terrasse en bois varie selon les matériaux choisis et la complexité de la mise en œuvre. Les essences européennes offrent un coût d’entrée accessible, tandis que les bois exotiques représentent un investissement plus conséquent. Le bois composite se situe dans une gamme de prix intermédiaire avec des coûts d’entretien réduits.
La structure représente environ 30 % du budget total, incluant les lambourdes, plots et quincaillerie. Les lames de terrasse constituent 50 % du coût, le solde se répartissant entre la préparation du sol et les finitions. La création de sa terrasse nécessite une planification budgétaire précise pour éviter les dépassements.
FAQ
Quelle essence de bois choisir pour une terrasse durable ?
Le mélèze et le douglas offrent un excellent rapport qualité-prix pour les budgets modérés. Les bois exotiques comme le bangkirai garantissent une longévité supérieure mais nécessitent un investissement plus important. Le choix dépend du budget disponible et de l’exposition de la terrasse aux intempéries.
Combien de temps faut-il pour construire une terrasse en bois ?
Une terrasse de taille standard se construit en un week-end avec une préparation adéquate. La préparation du sol représente 40 % du temps, la pose de la structure 30 % et la fixation des lames 30 %. Les conditions météorologiques et la complexité du terrain influencent la durée des travaux.
Quel espacement prévoir entre les lames de terrasse ?
L’espacement varie de 3 à 12 mm selon l’humidité du bois et l’essence choisie. Les bois secs nécessitent un espacement plus important pour compenser la dilatation. Cet espace assure la ventilation et évite les déformations dues aux variations hygrométriques.
Comment éviter la pourriture des lambourdes ?
Les lambourdes ne doivent jamais toucher directement le sol. L’utilisation de plots avec cales autodrainantes et l’application d’une bande bitumineuse protègent le bois de l’humidité. Une ventilation suffisante sous la terrasse complète cette protection contre la pourriture.